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Le mystérieux peuple des tourbières

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Au Danemark, la découverte en 1950 du corps momifié d’un hominidé au milieu de la tourbière de Tollund Fen relance l’intérêt pour les mystérieux peuples des marais.

L’homme de Tollund Fen.

Ce sont des paysans danois qui ont dégagé le cadavre très bien conservé. Il semble momifié depuis au moins 2 000 ans. Le corps est nu, brun foncé et recroquevillé sur lui-même. Il ne porte qu’un bonnet de cuir et une ceinture. Une bonne partie de la peau de ses membres a disparu, laissant les os apparents. Seuls les pieds sont presque intacts. Agé de 30 à 40 ans au moment de sa mort, il mesure 1, 60 m. Les organes de l’homme de Tollund contiennent encore les restes de son dernier repas : un gruau d’orge accompagné d’une trentaine de différentes sortes de graminées sauvages. L’expression du visage est paisible. Pourtant, l’étude du corps prouve que cet homme a été étranglé.

Assassinat ou rituel religieux ?

Les scientifiques penchent pour le rituel religieux dans le cas de l’homme de Tollund. Ils se basent sur le fait que depuis cette date d’autres corps ont été retrouvés :

  • L’homme de Grauballe dans la même région (1952)
  • L’homme de Lindow à côté de Liverpool (1984)

En 1986, 215 corps sont retrouvés en Allemagne, 166 au Danemark, 77 en Grande-Bretagne et 66 en Hollande.

Malheureusement, la plupart des corps sont très abîmés.

L’homme de Lindow a également été étranglé. Quant à celui de Grauballe, il a eu la gorge tranchée.

D’autres corps, notamment une adolescente et une femme âgée, ont été enfouis vivants dans la tourbe.

D’une manière générale, les corps portent des traces de blessures. On pense donc que ces peuples sacrifiaient des vies humaines à des Dieux inconnus. De plus, Les paléontologues ont découvert que les hommes des marais n’étaient pas en bonne condition physique : malnutrition, problème de croissance, parasites, scolioses…

Cependant, une autre théorie défend l’hypothèse du meurtre.

Des meurtres pour cause de sectarisme ?

La plupart des corps datent du second âge du fer, c’est à dire des derniers siècles précédant l’arrivée des Romains. L’historien latin Tacite écrit en 88 Av JC que dans ces régions, les traîtres , les déserteurs, les homosexuels étaient noyés dans les marais. Ce qui expliquerait notamment la découverte de deux corps d’hommes enlacés à Weerding aux Pays-Bas.

Il est fort probable en fait que, étant donné le nombre très importants de cadavres, tous n’ont pas été tués pour les mêmes raisons.

Par exemple, l’homme de Lindow a été garrotté avant d’avoir la gorge tranchée, ce qui évoque un sacrifice rituel. Par ailleurs, ses intestins contenaient du pollen de gui, plante très utilisée par les druides.

Les grandes tourbières

Une tourbière est un marais ou une prairie spongieuse où se forme la tourbe. La tourbe est une roche combustible renfermant jusqu’à 50% de carbone.

Une tourbière peut avoir jusqu’à 10 m d’épaisseur. La tourbe fossilise tout ce qui y reste emprisonné.

Les tourbières sont une véritable mine d’or pour les scientifiques : en plus de corps humains et d’animaux, elles ont préservé des restes fossilisés de plantes et des grains de pollen qui ont permis d’établir l’écosystème du quaternaire.

Mais, la tourbe est aussi un combustible. Surexploitées, les grandes tourbières d’Europe du Nord , qui ont livré l’essentiel des fossiles, disparaissent . Depuis environ 100 ans, la Grande-Bretagne a perdue près de 96% de ses tourbières. Il reste moins de 8000 hectares de tourbières au Pays-Bas sur les 250 000 initiaux. De plus, la tourbe est maintenant retirée avec des machines ce qui risque d’endommager les corps fossilisés.

Le Danemark à l’âge de fer

Les peuples scandinaves de l’âge de fer sont sans doute d’origine germanique. Leur religion est très proche de celle des Germains. Organisé selon la triade Odin (dieu souverain), Thor (dieu tonnant), Njörd (dieu fécond), le monde de leurs divinités est dominé par l’antagonisme des Ases (dieux souverains et guerriers), et des Vanes (dieux de la fécondité et de la production).

Les premières traces du travail du fer au Danemark remontent au 8ème siècle avant notre ère. Le fer est réservé aux outils et aux armes.

Les danois subissent successivement vers la fin de l’âge de fer, les influences des Celtes puis des Romains mais sans être envahis.

 

Ce collier de perles a été découvert près de Exloo aux Pays-Bas en 1881. Fabriqué de perles d’étain, de faïence et d’ambre avec un fermoir en cuivre, cette parure date de l’âge du bronze. C’est grâce au commerce que ces divers éléments sont parvenus à Exloo et ils étaient très précieux. Drents Museum.

Red Franz - Découvert en 1900 dans une tourbière de la région de Neu Versen en Allemagne, ce corps est connu sous le nom de Red Franz. L’homme, dont la dépouille a été retrouvée couchée sur le dos, aurait vécu entre 200 et 400 après J.-C. On ignore toujours à quoi Red Franz pouvait ressembler de son vivant. Toutefois, on procède actuellement à la reconstitution de ce visage qui sera présenté en primeur dans le cadre de l’exposition Le mystérieux peuple des tourbières. Drents Museum.

Lieux sacrés et redoutables, les tourbières des temps anciens couvraient de vastes étendues du nord-ouest de l’Europe, mais restaient habituellement inaccessibles à cause des dangers que présentait le sol spongieux. Il a fallu attendre la récolte de la tourbe et les activités de drainage des sols, débutés il y a quelques centaines d’années, pour découvrir ces mystérieux objets. Ces découvertes jettent de la lumière sur la vie quotidienne, les idées et les croyances spirituelles de ces peuples anciens. Grâce à plus de 400 artefacts disposés dans un décor qui fait appel à des effets scéniques, sonores et d’éclairage, le tout appuyé par des présentations audiovisuelles et des techniques interactives imaginatives, l’exposition permet aux visiteurs de saisir ce qui a pu motiver les gestes d’offrandes et elle les incite à réfléchir à leurs propres croyances.

Les artefacts sélectionnés pour l’exposition présentent l’histoire et la culture des peuples qui habitaient à proximité des tourbières. Ils comprennent des restes humains momifiés – ainsi que des explications sur la reconstitution d’individus tels que la « fille d’Yde » grâce aux techniques modernes de la médicine légale – et toute une série d’objets trouvés dans les tourbières, par exemple des haches en silex et en bronze, des objets de poterie, des épées en bronze, des chaussures en cuir, des textiles, des pièces de monnaie en or, des bijoux, des instruments de musique et des outils agricoles.

Fille d'Yde - Corps d’une jeune fille, appelé la fille d’Yde, provenant d’une tourbière des Pays-Bas. Les restes de cette jeune fille de 16 ans, qui aurait vécu au premier siècle de l’ère chrétienne, ont été découverts en 1896 dans une petite tourbière renfermant également des débris d’étoffe de laine. Elle porte encore au coup le cordon de laine ayant servi à l’étrangler. Drents Museum

Fille d'Yde - En 1993, le professeur Richard Neave de l’Université de Manchester a réalisé une reconstitution du visage de la fille d’Yde. En utilisant un appareil de tomographie par ordinateur de l’hôpital universitaire de Groningen, il a reconstitué, à partir du crâne, un modèle montrant à quoi pouvait ressembler la jeune fille de son vivant. Drents Museum.

Pirogue - Cette pirogue monoxyle sculptée dans le tronc d’un pin fait près de 3 mètres de long. Elle a été découverte en 1955, au cours des travaux de construction d’une autoroute, dans une petite tourbière près du village de Pesse dans la province de Drenthe (Pays-Bas). Cette embarcation de l’âge mésolithique, dont l’existence remonte à 8500 ans avant J.-C. selon la datation au radiocarbone, est la plus ancienne que l’on connaisse dans le monde. Drents Museum.

À l’époque préhistorique, après la dernière période glaciaire, la formation de tourbe commença. Au fil du temps, de vastes étendues furent couvertes de tourbières. Les peuples d’alors vivaient sur les terres hautes et plus sèches entre les tourbières. Endroits dangereux et souvent brumeux où l’on risquait facilement de s’égarer ou de se noyer, les tourbières étaient enveloppées de mystère. On comprend facilement pourquoi des gens croyaient ces lieux habités par des dieux et des esprits exerçant leur domination sur la vie et la mort, la santé, les récoltes, le bétail et même le destin des êtres humains.

Il était donc essentiel d’entretenir des rapports harmonieux avec ces êtres puissants, notamment par des offrandes déposées au seuil de la demeure des divinités. Des biens précieux tels que des céréales, des bois d’animaux, des objets de poterie, des roues, des armes et des bijoux furent ainsi laissés dans les marécages qui devinrent d’immenses réservoirs de ces dons. Tout ce qui avait de la valeur pouvait servir d’offrande. Même des êtres humains étaient offerts en sacrifice pour apaiser ou gratifier les divinités.

Jarre en céramique - Jarre en céramique décoré dans le style de la culture du vase campaniforme (3400 – 2850 avant J.-C.). Mesurant un peu plus de 17 cm, ce récipient a été découvert au printemps de 1931 dans une tourbière aux environs du village de Weerdinge dans la province de Drenthe (Pays-Bas). Drents Museum.

Roue - Roue pleine d’un diamètre de près de 75 cm, sculptée dans une seule pièce de bois. Cette roue en chêne ainsi qu’une autre semblable ont été retrouvées dans une petite tourbière près d’Ubbena dans la province de Drenthe (Pays-Bas). Datant d’environ 2700 avant J.-C., elle est l’une des plus anciennes roues jamais découvertes en Europe. Drents Museum.

Au début de l’ère moderne, on commença l’exploitation des tourbières. Au fur et à mesure qu’on retirait la tourbe en grandes quantités pour en faire du combustible, on mit au jour les objets jadis engloutis en offrande aux divinités.

Le thème principal de l’exposition est la pratique des offrandes par lesquelles les peuples préhistoriques tentaient de contrôler leur destin. Les visiteurs seront étonnés du vaste assortiment d’objets qui étaient soigneusement déposés à cette fin dans les tourbières.

L’exposition montre en outre comment la composition végétale des tourbières favorise la préservation d’objets qui se dégraderaient naturellement dans des conditions normales d’enfouissement. L’histoire, la biologie et les propriétés de conservation des tourbières y sont clairement expliquées. L’exposition examine aussi les techniques de reconstitution de la médicine légale moderne. Des spécialistes, comme Richard Neave, un artiste spécialisé dans la reconstitution faciale, peuvent reconstituer les caractéristiques faciales d’un individu lorsqu’un crâne est bien préservé. Avec de l’argile ou de la cire, les tissus et la peau sont modelés sur une réplique du crâne. En y ajoutant d’autres caractéristiques comme les yeux et les cheveux, on peut voir à quoi pouvait ressembler cette personne.

Corps du Nederfrederiksmose - Corps du Nederfrederiksmose – Le corps du Nederfrederiksmose (1898) est le premier qui ait été photographié sur place, c’est-à-dire au site même où il a été mis au jour. Drents Museum.

Tourbière - Parce que la mousse de tourbe (sphagnum) peut emmagasiner l’eau de pluie, les tourbières sont indépendantes de la nappe phréatique. Pour assurer leur croissance (de 1 à 10 mm environ par an), les tourbières doivent recevoir beaucoup de précipitations (minimum de 700 mm). Drents Museum.

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Reynald
Reynald
J'ai crée ce site en 2006 car j'étais un passionné de paranormal et je voulais partager ma passion avec les gens qui ont la même passion. Cela fait maintenant 14 ans que le site est ouvert et qu'il regroupe a peu pres tout ce qui touche le paranormal. Bonne lecture.
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