Témoignage, Reportage , Analyse

Le Zodiaque

Entre 1966 et 1978, alors que l’Amérique était secouée par les spasmes du « Flower Power », un tueur énigmatique qui s’était donné lui-même le surnom de « tueur du zodiaque » frappa la Californie à plusieurs reprises, marquant les esprits par son « modus operandi » (1) très spécifique et sa manière peu commune d’envoyer des messages sous forme de cryptogrammes à la presse locale pour l’avertir des meurtres qu’il s’apprêtait à commettre. Le visage dissimulé par une cagoule évoquant celles portées par les bourreaux de l’inquisition espagnole, arborant une croix cerclée sur la poitrine, le tueur s’attaquait en priorité aux couples d’amoureux, la plupart du temps très jeunes, égarés le soir dans des endroits discrets afin de profiter ensemble de moments d’intimité. Comme s’il voulait les punir de jouir pleinement de la vie. A travers la série de lettres qu’il envoya à la presse, le tueur s’attribua non moins de trente sept morts. Cependant, seules quatre agressions ont été établies comme portant indiscutablement la signature du « zodiaque ». Parmi les sept victimes de ces agressions, deux personnes survécurent. Les faits attribués à ce mystérieux tueur constituent l’une des affaires criminelles non élucidées les plus célèbres de l’histoire des Etats Unis, donnant notamment à David Fincher, réalisateur de « Fight club », « Seven » ou encore « Alien III », le thème de son nouveau film, sobrement intitulé « Zodiac », dont la date de sortie en France est prévue pour mai 2007. Aujourd’hui, cette affaire a été classée en 2004, même si elle reste officiellement ouverte dans le comté de Napa et à Vallejo, dans la région de San Francisco. Seul le décryptage de l’ensemble des cryptogrammes envoyés à la presse par le tueur pourrait (peut être) nous informer sur l’identité du fameux « tueur du zodiaque ».

Premier acte

Tout commence à Riverside City, près de Los Angeles, la nuit du 30 octobre 1966 par le meurtre d’une jeune étudiante âgée de 18 ans, Cheri Jo Bates, qui sera retrouvée sauvagement assassinée près du parking de la bibliothèque de l’université de Riverside City. Frappée mortellement à la poitrine, dans le dos et à la gorge à l’aide d’un couteau, le corps, retrouvé non loin de la voiture de la victime, ne portait pas de marques de violences sexuelles. De même, l’argent ne semblait pas avoir été le motif de l’agression, la victime n’ayant pas été dépouillée de son porte-monnaie. Près du corps, la police retrouva une montre d’homme, arrêtée à 12h24 et portant des traces de peinture, ainsi que des empreintes de pas dans la terre évoquant les semelles d’une chaussure militaire.

Selon les témoignages des voisins, le meurtre avait dû intervenir vers 10h30, heure à laquelle ils avaient entendu un cri. La bibliothèque fermant ses portes à 9h, cela laisse à penser que le meurtrier était resté environ une heure et demi en compagnie de la victime. On peut donc supposer qu’il la connaissait bien. Les enquêteurs déduisirent de ce faisceau d’indices qu’il s’agissait là ni plus ni moins d’un crime passionnel. Le 29 novembre 1966, le police de Riverside reçut une lettre dactylographiée à l’aide d’une machine à écrire, portant en guise de titre : « The confession » et évoquant les détails du meurtre de Cheri Jo Bates. Dans cette lettre, le tueur avertissait la police que ce meurtre était le premier d’une longue série. Six mois après la mort de Cheri Jo Bates, la police de Riverside, le quotidien de la ville ainsi que la père de la victime reçurent chacun la copie d’une même lettre, écrite à la main cette fois et dont le message était : « BATES HAD TO DIE THERE WILL BE MORE ».

THE CONFESSION

BY _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

SHE WAS YOUNG AND BEAUTIFUL BUT NOW SHE IS BATTERED AND DEAD. SHE IS NOT THE

FIRST AND SHE WILL NOT BE THE LAST I LAY AWAKE NIGHTS THINKING ABOUT MY NEXT

VICTIM. MAYBE SHE WILL BE THE BEAUTIFUL BLOND THAT BABYSITS NEAR THE LITTLE

STORE AND WALKS DOWN THE DARK ALLEY EACH EVENING ABOUT SEVEN. OR MAYBE SHE

WILL BE THE SHAPELY BRUNETT THAT SAID XXX NO WHEN I ASKED HER FOR A DATE IN HIGH

SCHOOL. BUT MAYBE IT WILL NOT BE EITHER. BUT I SHALL CUT OFF HER FEMALE PARTS AND

DEPOSIT THEM FOR THE WHOLE CITY TO SEE. SO DON’T MAKE IT TO EASY FOR ME. KEEP

YOUR SISTERS, DAUGHTERS, AND WIVES OFF THE STREETS AND ALLEYS. MISS BATES WAS

STUPID. SHE WENT TO THE SLAUGHTER LIKE A LAMB. SHE DID NOT PUT UP A STRUGGLE. BUT

I DID. IT WAS A BALL. I FIRST CUT THE MIDDLE WIRE FROM THE DISTRIBUTOR. THEN I

WAITED FOR HER IN THE LIBRARY AND FOLLOWED HER OUT AFTER ABOUT TWO MINUTES.

THE BATTERY MUST HAVE BEEN ABOUT DEAD BY THEN. I THEN OFFERED TO HELP. SHE WAS

THEN VERY WILLING TO TALK TO ME. I TOLD HER THAT MY CAR WAS DOWN THE STREET

AND THAT I WOULD GIVE HER A LIFT HOME. WHEN WE WERE AWAY FROM THE LIBRARY

WALKING, I SAID IT WAS ABOUT TIME. SHE ASKED ME, « ABOUT TIME FOR WHAT? » I SAID IT

WAS ABOUT TIME FOR HER TO DIE. I GRABBED HER AROUND THE NECK WITH MY HAND OVER

HER MOUTH AND MY OTHER HAND WITH A SMALL KNIFE AT HER THROAT. SHE WENT VERY

WILLINGLY. HER BREAST FELT WARM AND VERY FIRM UNDER MY HANDS, BUT ONLY ONE

THING WAS ON MY MIND. MAKING HER PAY FOR ALL THE BRUSH OFFS THAT SHE HAD GIVEN

ME DURING THE YEARS PRIOR. SHE DIED HARD. SHE SQUIRMED AND SHOOK AS I CHOCKED

HER, AND HER LIPS TWICHED. SHE LET OUT A SCREAM ONCE AND I KICKED HER IN THE HEAD

TO SHUT HER UP. I PLUNGED THE KNIFE INTO HER AND IT BROKE. I THEN FINISHED THE JOB

BY CUTTING HER THROAT. I AM NOT SICK. I AM INSANE. BUT THAT WILL NOT STOP THE

GAME. THIS LETTER SHOULD BE PUBLISHED FOR ALL TO READ IT. IT JUST MIGHT SAVE THAT

GIRL IN THE ALLEY. BUT THAT’S UP TO YOU. IT WILL BE ON YOUR CONSCIENCE. NOT MINE.

YES, I DID MAKE THAT CALL TO YOU ALSO. IT WAS JUST A WARNING. BEWARE…I AM

STALKING YOUR GIRLS NOW.

CC. CHIEF OF POLICE

ENTERPRISE

Puis, au milieu du mois d’avril 1967, un concierge de la bibliothèque de l’Université de Riverside City, près de laquelle avait eu lieu le meurtre, découvrit un poème écrit sous une table de classe, faisant allusion au meurtre et signé par les initiales R.H., faisant probablement allusion au nom du président de l’université à l’époque, R.H. Bradshaw. Pour les enquêteurs, il ne faisait pas de doute que ce poème avait été écrit par l’auteur du meurtre de la jeune étudiante. Aujourd’hui encore, il subsiste de fortes incertitudes au sein de la police de San Francisco sur les liens pouvant exister entre ce meurtre et ceux qui suivirent, attribués au fameux « tueur du zodiaque ».

Sick of living/unwilling to die cut.clean.if red / clean. blood spurting,dripping,spilling;

all over her new dress oh well it was red anyway.

life draining into an uncertain death.she won’t die.

this time someone ll find her.just wait till next time.

rh

 

This is the zodiac speaking

Le 20 décembre 1968 à Vallejo, à 20 kilomètres au nord-est de San Francisco, David Arthur Faraday, 17 ans, et Betty Lou Jensen, 16 ans, qui avaient leur premier rendez-vous, avaient prétexté auprès de leurs parents se rendre à un concert de Noël pour se retrouver seuls dans cette zone assez peu habitée. Ayant le sentiment d’être suivi de près par une Chevrolet, ils roulèrent vers Benicia avant de se garer sur un parking après avoir pris le soin de vérifier que la voiture en question avait cessé de les suivre pour continuer vers l’est. Cela faisait à peine une heure qu’ils étaient garés au même endroit, profitant de ces moments d’intimité, lorsqu’à 11h10, un inconnu surgit d’une voiture derrière eux. L’individu, armé d’un 22 long rifle semi-automatique, tira en direction des deux adolescents, touchant mortellement à la tête le jeune David. De son côté, Betty, qui avait réussi à quitter le véhicule, fut touché cinq fois dans le dos alors qu’elle s’était mise à courir, mourant à son tour sur le coup.

Six mois plus tard, le samedi 5 juillet 1969, c’est au tour de Darlene Elizabeth Ferrin, 22 ans, et de Michael Renault Mageau, 19 ans, de connaître le même sort sur un parking de Vallejo. Darlene, qui était marié à un autre homme, et Michael roulaient depuis près d’une demi-heure quand ils décidèrent de se garer sur un parking pour discuter tranquillement. Peu avant minuit, une voiture marron s’arrête près de la portière gauche de la voiture où se trouvaient les deux jeunes gens. En surgit un homme, braquant un spot en direction du couple afin de les aveugler. Plusieurs coups furent tirés à l’aide d’un pistolet 9 mm semi-automatique. Darlene mourut dans l’ambulance qui l’amenait au Kaiser Foundation Hospital tandis que Michael Mageau survécut, pouvant ainsi témoigner. Il était le premier survivant à avoir vu le « tueur du zodiaque » qu’il décrit comme un homme de petite taille, assez fort, portant une cagoule de bourreau mais carrée au dessus à la manière d’un sac. Ce dernier portait sur la poitrine un symbole évoquant à la fois une cible et la croix celtique qu’arborait à la même époque en France sur leurs blousons les militants du mouvement Occident (2) qui affrontaient leurs adversaires trotskistes ou maoïstes au quartier latin. A peine quelques minutes après la mort de Darlene Ferrin, la police de Vallejo reçut le coup de fil anonyme, passé d’une cabine téléphonique, d’un homme revendiquant ce meurtre ainsi que celui de David Faraday et Betty Jensen.

Quelques semaines plus tard, le 31 juillet 1969, trois journaux de la région, le San Francisco Examiner, le San Francisco Chronicle et le Vallejo Times Herald reçurent trois lettres contenant chacune le tiers d’un cryptogramme avec un total de 408 caractères. Dans la lettre envoyée au Vallejo Times Herald, qui fut décryptée, le tueur exigeait que le cryptogramme soit publié en première page de chaque quotidien le 1er août sans quoi les meurtres recommenceraient de façon redoutable. Dans la lettre envoyée au San Francisco Chronicle, le tueur prétendait que la dernière lettre contenait son identité. Le cryptogramme fut décrypté par un professeur d’université et sa femme en moins d’une semaine mais le message en question ne mentionnait pas l’identité du tueur. Le message tel qu’il fut décrypté était le suivant :

I LIKE KILLING PEOPLE BECAUSE IT IS SO MUCH FUN THAN KILLING WILD GAME IN THE FORREST BECAUSE MAN IS THE MOST DANGEROUS ANIMAL OF ALL TO KILL SOMETHING GIVES ME THE MOST THRILLING EXPERENCE IT IS EVEN BETTER THAN GETTING YOUR ROCKS OFF WITH A GIRL THE BEST PART IS THAE WHEN I DIE I WILL BE REBORN IN PARADICE AND ALL THE I HAVE KILLED WILL BECOME MY SLAVES I WILL NOT GIVE YOUMY NAME BECAUSE YOU WILL TRY TO SLOI DOWN OR STOP MY COLLECTING OF SLAVES FOR MY AFTERLIFE EBEORIETEMETHHPITI (3)

Le 4 août 1969, le San Francisco Examiner reçut une nouvelle lettre du tueur en réponse à des propos du chef de la police de Vallejo Jack E. Stiltz qui avait déclaré que les preuves n’étaient pas suffisantes pour conclure à la culpabilité de l’auteur des lettres. C’est pour la première fois dans cette lettre qu’apparaît la mention du surnom du tueur. En effet, le message envoyé à la presse commençait ainsi : « This is the zodiac speaking… ». Par la suite, les analyses scientifiques des empreintes digitales retrouvées sur les lettres ne donnèrent aucun résultat.

Meurtres, Acte II

Le 27 septembre 1969, dans le comté de Napa, Cecilia Shepard, 22 ans, et Bryan Hatnell, 20 ans, étaient en train de pique-niquer au bord du lac Berryessa, à 60 kilomètres de San Francisco, quand ils furent approchés par le « tueur du zodiaque ». L’homme, qui prétendait être un condamné évadé d’une prison du Colorado, les menaça dans un premier temps de son pistolet 9 mm semi automatique en les sommant de lui donner leur argent et les clés de la voiture. Il leur expliqua qu’il devait rejoindre le Mexique afin d’échapper à la justice. Cependant, au moment où les deux jeunes gens se plièrent à ses désirs, l’homme sembla finalement changer d’avis et décida de les attacher avant de les poignarder chacun à leur tour. L’homme porta six coups de couteau contre Bryan Hartnell, qui malgré tout survécut à ses blessures. En revanche, Cecilia Shepard, qui reçut dix coups de poignard, mourut deux jours plus tard. Avant de disparaître, le tueur inscrit au marqueur noir sur la portière de la voiture de ses victimes la croix cerclée ainsi que l’inscription suivante, faisant allusion aux dates de ses crimes :

Vallejo

12-20-68

7-4-69

Sept 27-69-6 :30

by knife

Peu après, le « tueur du zodiaque » passa un coup de fil d’un cabine téléphonique à la police du comté de Napa pour les avertir de la scène qui venait de se dérouler, terminant sa conversation téléphonique par la phrase suivante : « I am the one that did it ».

Dans la nuit du samedi 11 octobre 1969, un chauffeur de taxi, Paul Stine, 29 ans, prend un homme à l’intersection des rues Mason et Geary à San Francisco, lequel demande à être conduit à Presidio Eights , au nord de la péninsule de San Francisco. A 9h55, Paul Stine vient de garer à l’intersection des rues Washington et Cherry quand le passager du taxi lui tire dessus à bout portant à l’aide d’un pistolet 9 mm. Touché à la tête, le chauffeur décède sur le coup. Le tueur prend alors le porte-feuille de sa victime, les clés de la voiture et un morceau de la chemise de ce dernier, qu’il enverra par la poste au San Francisco Chronicle à titre de preuve. Surpris par trois témoins alors qu’il était en train de découper la chemise de Paul Stine, il parviendra notamment à s’enfuir en direction du nord sans être repéré par la police, bénéficiant du mauvais témoignage donné par les trois personnes qui avaient affirmé que le tueur était un homme noir! Deux jours après, le San Francisco Chronicle reçut une lettre du « tueur du zodiaque » revendiquant ce meurtre et accompagnée d’un morceau de la chemise ensanglantée du chauffeur de taxi. Dans cette lettre, le tueur menaçait aussi de déchaîner sa folie meurtrière sur des écoliers.

Un tueur épistolaire

Suite à cette série de meurtres, le tueur du zodiaque continua à défier la police par l’intermédiaire des lettres et cartes de voeux qu’il envoya régulièrement à la presse jusqu’en 1974. D’autres meurtres lui ont été attribués par la suite sans que l’on ait suffisamment de preuves pour conclure à sa culpabilité. Près de 2500 suspects furent entendus par la police sans que l’enquête ne produise de résultats concrets. Le 8 novembre 1969, le tueur envoya au San Francisco Chronicle une nouvelle lettre, contenant un cryptogramme composé de 340 caractères, lequel n’a toujours pas été décrypté à ce jour. Le lendemain, il envoya une lettre de sept pages dans laquelle il prétendait avoir discuté avec deux policiers pendant trois minutes après le meurtre de Paul Stine. Des extraits de cette lettre furent publiés dans le San Francisco Chronicle. De même, le 20 décembre 1969, le « zodiaque » envoya une lettre contenant un autre morceau de la chemise de Paul Stine à un avocat renommé, Melvin Belli, à qui il demandait son aide. Le 20 avril 1970, le « zodiaque » envoya une nouvelle lettre dans laquelle se trouvait un cryptogramme de 13 caractères qui, selon lui, contenait son identité. La lettre incluait aussi le diagramme d’une bombe qu’il menaçait d’utiliser pour faire sauter un bus de ramassage scolaire et se terminait par un score : « Zodiac (symbolisé par la croix cerclée) = 10, SFPD (San Francisco Police Departement) = 0 »

Le 27 octobre 1970, le reporter Paul Avery du San Francisco Chronicle reçut une carte de voeux pour Halloween signée de la lettre Z et de la croix cerclée. Sur la carte était écrit à la main l’inscription suivante : « Peek a boo, you are doomed ». Cette affaire fut prise très au sérieux et fit la une du journal. Quelques jours plus tard, le même Paul Avery reçut une lettre anonyme évoquant les similitudes entre les meurtres du « tueur du zodiaque » et l’affaire non élucidée du meurtre de Cheri Jo Bates à Riverside City en 1966. De même, dans un article publié le 13 novembre 1972 dans le Vallejo Times Herald, le détective Bill Baker proposait la théorie selon laquelle le meurtre d’un couple, Robert Domingos et sa fiancée Linda Edwards, assassinés à coups de 22 long rifle sur une plage dans le comté de Santa Barbara était en fait l’oeuvre du tueur du zodiaque », aucun fait ne venant prouver ces allégations.

Acte final

Après un silence de trois ans, le « zodiaque » envoya une lettre au San Francisco Chronicle le 29 janvier 1974 dans laquelle il expliquait que le film « L’Exorciste » était la « meilleure comédie satirique » qui lui avait été donné de voir. La lettre incluait une citation extraite du « Mikado », un opéra comique anglais de la fin du XIXème siècle écrit par Arthur Sullivan et W.S. Gilbert, et se terminait par un nouveau score, plus important celui-là : « Me = 37 ; SFPD = 0 ». D’autres lettres suivirent jusqu’en 1978, mais des doutes subsistent quant à l’identité de leur auteur. En effet, elles ne comportaient pas toutes la signature officielle du « zodiaque ». Depuis cette date, le « zodiaque » a complètement disparu. Plusieurs questions demeurent sans réponse. Est-il mort ou a t’il cessé tout simplement de tuer et de provoquer la police californienne ? Les lettres envoyées à la presse proviennent elles d’un seul et même auteur ? Nous ne le saurons peut être jamais, l’affaire ayant été classée sans suite en 2004 suite à l’échec des analyses ADN qui ont disculpé tous les suspects présumés.

Le cas du « tueur du zodiaque » ne cessera pas de sitôt d’inspirer cinéastes et écrivains. Outre sa manière d’utiliser l’humour pour défier et ridiculiser la police, l’originalité de ce tueur est notamment de s’être inspiré de personnages tirés de films, de livres ou encore d’opéras. Par exemple, l’une des influences cinématographiques principales du « tueur du zodiaque » est un film daté de 1939 : « Charlie Chan at Treasure Island ». Dans ce film, le héros Charlie Chan enquête sur les activités d’un médium basé à San Francisco, surnommé Dr Zodiac, qui envoie des messages à la police et à la presse et porte autour du coup un collier portant les symboles du zodiaque. Le tueur s’est aussi vraisemblablement inspiré d’une nouvelle, « The most dangerous game », écrite en 1924 par Richard Connell, dans laquelle le héros, Rainsford, échoue sur une île dont le maître des lieux est le diabolique Zaroff, un homme passionné de chasse portant toujours à la taille un couteau et un pistolet et qui, lassé de chasser des animaux, décide de chasser des humains. On peut trouver des similitudes entre la philosophie de Zaroff qui éprouve plus de plaisir à chasser les hommes que les animaux et les premières lettres envoyées par le « zodiaque » dans lesquelles il expliquait notamment : « I like killing people because it is so much fun. It is more fun than killing wild game in the forrest because man is the most dangerous animal of all ».

Mathieu Bollon ,Photow et supplement par SmartiesKiller.

 

Sources:

http://www.crimelibrary.com/serial_killers/notorious/zodiac/river_1.html

Site officiel du film Zodiac (David Fincher) : http://www.zodiacmovie.com/

 

Notes:

1 : Manière d’opérer d’un « serial killer ».

2 : Mouvement politique d’extrême droite fondé en 1964 et dissous en 1968, dont firent partie notamment Alain Madelin et Patrick Devedjian.

3 : Les dernières lettres du cryptogramme, retranscrites telles qu’elles, n’ont pu être décryptées.

Les Principaux Suspect

L’IDENTITE DU ZODIAC :

D’après les descriptions offertes par les témoins et les victimes survivantes, le Zodiac était un homme assez jeune, entre 25 et 35 ans. Dans ses lettres, Zodiac parle de ses victimes en les désignant comme plus jeunes que lui.
Il était brun avec des cheveux courts, robuste, voir massif et un peu bedonnant. En dehors de cela, il n’avait aucune caractéristique physique particulière, mais plusieurs personnes ont affirmé qu’il portait des lunettes à montures épaisses.

Ses lettres laissent penser qu’il était peut-être dyslexique.
Les témoins n’ont remarqué aucun accent (différent du leur, en tout cas), ce qui signifie que le « Zodiac » devait être originaire de la côte ouest, et plus spécifiquement de la Californie. Les témoins ont seulement expliqué que le tueur parlait de manière lente et mesurée.
Le tueur a également démontré une grande familiarité avec la région.
On peut donc conclure qu’il avait vécu en Californie au moins plusieurs années avant de commettre ses crimes, probablement depuis son enfance.

Beaucoup de spéculations sont apparues concernant une possible connexion du « Zodiac » avec le Royaume-Uni, l’Afrique du Sud ou l’Australie, à cause de certains mots ou certaines phrases utilisées dans ses lettres. Cela ne signifie pas obligatoirement que le tueur était lui-même d’origine britannique ou australienne, mais il est possible que l’un de membres de sa famille l’ait été. Cette personne a pu lui faire partager plusieurs traditions culturelles britanniques, telles que les célèbres opérettes de Gilbert et Sullivan (librettiste et compositeur Victoriens), qu’il a citées dans plusieurs de ses lettres.

LES SUSPECTS :

Depuis des années, les meurtres commis par le Zodiac ont intrigué des dizaines d’enquêteurs amateurs, qui remplissent les sites et les forums internet de théories sur son identité. Certaines sont plutôt étayées, d’autre nettement plus étranges et fantaisistes.

- Arthur Leigh Allen
Après que Robert Graysmith ait publié son livre “Zodiac” en 1986 désignant « Robert Hall Starr » comme le suspect des meurtres de la Bay Area, nombre de résidents de la région ont considéré Arthur Leigh Allen comme le tueur. Allen, un habitant de Vallejo reconnu coupable d’agression sur des enfants et que Graysmith décrivait sous le pseudonyme de « Starr », est mort en 1992. Il ne fut jamais inculpé des meurtres du Zodiac, et malgré tous les efforts de certains enquêteurs, pas un seul des indices découverts durant l’affaire ne peut totalement et sans le moindre doute relier Allen aux crimes du Zodiac.
En fait, il a été démontré que les liens allégués entre Allen et les meurtres étaient soit des mensonges ou des arrangements avec la vérité (parfois proférés par Robert Graysmith lui-même), soit de simples coïncidences, ou qu’ils étaient attribuables à la personnalité déviante d’Allen, qui était fasciné par le Zodiac.
En savoir plus sur Arthur Allen.

Richard Marshall :
Rick Marshall est considéré comme un suspect de choix par plusieurs d’enquêteurs. Son apparence physique et son histoire personnelle correspondent assez à ce que l’on sait du Zodiac.
Costaud, porteur de lunettes, ancien marin de la Navy, Marshall était un fou de cinéma. Il avait mauvais caractère et se montrait hostile envers les femmes. Il avait été initié à la cryptographie (les codes) dans la marine.
- Il vivait dans la région lors du meurtre de Cheri Jo Bates à Riverside.
- Il aurait vécu dans la région de Napa au moment du meurtre du lac Berryessa.
- En 1969, il vivait dans une cave sur Scott Street, à San Francisco, non loin de l’endroit où a été assassiné Paul Stine. Dans l’une de ses lettres, le Zodiac avait parlé de « sa cave ».
- Grand cinéphile, Marshall a travaillé comme projectionniste dans un cinéma projetant des films muets, dans la Bay Area, au moment où le Zodiac a envoyé sa lettre du « Fantôme rouge » en juillet 1974. Selon les enquêteurs, le Zodiac aurait signé « le Fantôme rouge » parce qu’il avait été influencé par la vision d’un film muet portant ce titre (El Spectre Rojo).
- Marshall possédait une machine à écrire portable « Royal » similaire à celle utilisée pour taper la lettre avouant le meurtre de Cheri Jo Bates.

Toutefois, Marshall avait déjà 41 ans en 1969.
Une comparaison de ses empreintes avec celles du Zodiac a été non concluante. Il serait mort en septembre 2008.
Dans son livre « Zodiac », Robert Graysmith parle d’un personnage nommé Donald Andrews, clairement inspiré de Marshall. Ce chapitre contient autant de faits que de fiction et présente Marshall comme un suspect intéressant. Dans le film « Zodiac » de David Fincher, le personnage du cinéphile malsain est appelé Rick Martin.

Lawrence Kane :
Lawrence Kane a été nommé comme suspect potentiel en 1998, dans l’émission « America’s Most Wanted ».

- Pam Huckaby, la sœur de Darlene Ferrin, a affirmé que Kane a suivit Darlene durant les mois qui ont précédé son meurtre.
- Après un grave accident de la route en 1962, lors duquel Kane avait subi un traumatisme crânien, un psychologue avait diagnostiqué chez lui une « perte de la capacité à contrôler son autosatisfaction ».
- Il avait été arrêté plusieurs fois pour voyeurisme.
- En juin 1970, Kane a quitté San Francisco pour aller vivre à South Lake Tahoe, Nevada, tout comme Donna Lass, et a travaillé dans le même bâtiment qu’elle. Selon les collègues de Donna Lass, elle connaissait Lawrence Kane. Il lui aurait demandé de sortir avec lui et elle aurait refusé.

Toutefois :
- Kane mesurait 1m80 et mais ne pesait pas plus de 75 kilos.
- En 1969, il avait déjà 45 ans.
- Kane n’a pu être lié à aucune victime, ni à aucune des lettres envoyées par le Zodiac.
- Même si Kane est responsable de la disparition de Dona Lass (et rien n’est moins sûr), cela ne fait pas de lui le Zodiac. Le lien entre Dona Lass est le Zodiac est d’ailleurs plutôt mince.

Bruce Davis et la « Famille Manson » :
Bill Nelson et Howard Davis ont écris des ouvrages sur une éventuelle connexion entre les crimes du Zodiac et les meurtres brutaux attribués à la « Famille Manson ». Des documents officiels révèlent que l’idée a également traversé l’esprit de plusieurs enquêteurs travaillant sur l’affaire du Zodiac, après l’arrestation de Charles Manson et des membres de son groupe en 1969.
Les membres de la « Famille » avaient utilisé le sang de leurs victimes pour laisser des messages terrifiants sur les lieux des crimes, notamment le fameux « Helter Skelter ».
Le message que le Zodiac avait laissé sur la portière de la voiture au lac Berryessa et la nature inexplicable des crimes ont mené certains enquêteurs à se demander si Manson n’était pas également le « cerveau » des crimes du Zodiac.
Des membres de la « Famille » furent interrogés par l’agent spécial Mel Nicolai, du Departement de la Justice de l’état de Californie, et par l’inspecteur des Homicides William Armstrong, de la police de San Francisco.
Ils ne trouvèrent aucun lien entre la « Famille » et les meurtres du Zodiac.

Des membres de la « Famille », Bruce Davis et Steve Grogan, ont participé en 1969 aux meurtres d’un professeur de musique, Gary Hinman, et d’un employé du ranch de la « Famille », Donald « Shorty » Shea.
La médiatisation, la sensationnalisation des crimes affreux commis par les suiveurs de Manson ont transformé la « Famille » en des vilains archétypaux, les grands méchants de la décennie, faisant naître des rumeurs insensées soutenant qu’ils étaient derrière chaque meurtre un peu étrange, et qu’ils étaient responsables de la dépravation et de la décadence du pays… On les liait avec des rituels sataniques, des « snuff movies » et même la « Process Church » (une secte millénariste) ou la Scientologie.
Howard Davis, auteur d’un ouvrage reprenant la théorie du complot occulte, publié en 1997, accuse Bruce Davis, membre de la « Famille » à la fin des années 1960, d’avoir été le Zodiac.

Davis peut être situé dans la Bay Area à la fin des années 1960. En dehors de cela, de nombreux faits l’innocentent des crimes du Zodiac.
- Il portait les cheveux longs au moment des meurtres
- La police ne le considère pas du tout comme un suspect « valable »
- Son écriture et ses empreintes ne correspondent pas à celles du Zodiac

Theodore Kaczynski :
L’Unabomber a quelques points communs avec le Zodiac :
- Il vivait dans la Bay Area à la fin des années 1960.
- Il ressemblait au portrait robot
- Kaczynski était (évidement) capable de créer une bombe
- Kaczynski communiquait avec les médias après avoir commis ses crimes
Ses similarités pourraient sembler incriminantes mais le fait est que Kaczynski a simplement été influencé par le Zodiac.
En dehors du fait que Ted Kaczynski ne ressemblait pas du tout à la description physique du Zodiac (il a toujours été mince et ne portait pas de lunettes), il a été totalement innocenté des crimes du Zodiac, tant par le FBI que par la police de San Francisco, grâce à ses empreintes, son écriture, et le fait qu’il n’était même pas en Californie lors de la plupart des meurtres.

L’identité du Zodiac n’est toujours pas connue et, de temps à autres, des fils ou des filles viennent accuser leur père d’avoir été le tueur. A tort, pour le moment.

Charles Clifton Collins :
William Collins, étudiant en journalisme à New York, pensait que son père, Charles, pouvait être le tueur du Zodiac. Selon lui, son père aurait eut exactement la même écriture que celle du tueur. En lisant un ouvrage sur l’affaire, il avait découvert d’autres coïncidences :
- Son père, décédé en 1993, ressemblait beaucoup au portrait robot
- Il portrait souvent des chaussures de style militaire, taille 10 ½ (44)
- Il vivait à San Francisco au moment de crimes
- Ses initiales, CCC, apparaissent sur une carte envoyée par le Zodiac à la police William Collins a confié à la police une enveloppe scellée et léchée par son père, ainsi que son propre ADN, afin que des analyses comparatives soient effectuées.
L’ADN de Charles Collins ne correspond pas à celui du Zodiac.

Jack Tarrance :
En août 2008, Dennis Kaufman, un habitant de Pollock Pines, confia à la police fédérale des objets ayant appartenus à son beau-père, Jack Tarrance. Il était persuadé que ce dernier était le Zodiac.
Durant 8 ans, Dennis Kaufman avait tenté de prouver que le seul père qu’il a connu depuis ses 5 ans était le tueur de la Bay Area.
Il avait comparé des écrits de son père avec les lettres du Zodiac et affirmait que l’écriture était la même (elles se ressemblent mais sans plus). Selon lui, le portrait-robot du Zodiac ressemblait beaucoup à son beau-père, qui aurait admis “indirectement” être le Zodiac.
Jack Tarrance est mort en 2006, à 78 ans. En rangeant ses affaires, Kaufman avait découvert un couteau qui semblait couvert de sang séché ainsi qu’une cagoule de forme carrée. Jack Tarrance a également laissé plusieurs rouleaux de pellicules photos non développées, qui ont également été confiés au FBI. Sur l’une de ces pellicules ont été découvertes des images qui semblaient présenter des meurtres…
Le FBI effectua des analyses dans son laboratoire, dans le but de dresser le profil ADN de Jack Tarrance, pour le comparer à celui du Zodiac.
Dans le même temps, Kaufman affirma que son beau-père avait assassiné sa mère, ce qui révéla être un mensonge. Elle était morte d’une maladie rare.
Il essaya également de vendre à Tom Voigt (un enquêteur amateur auteur du site de référence zodiackiller.com), un morceau de t-shirt qu’il affirmait avoir appartenu à Paul Stine (le chauffeur de taxi assassiné). Il en voulait 50.000$…
En octobre 2008, les résultats des analyses du FBI furent rendues publiques : elles se révélèrent « non concluantes ». L’ADN de Jack Tarrance ne correspondait pas à celui du Zodiac.

 

Afficher plus

Reynald

J'ai crée ce site en 2006 car j'étais un passionné de paranormal et je voulais partager ma passion avec les gens qui ont la même passion. Cela fait maintenant 14 ans que le site est ouvert et qu'il regroupe a peu pres tout ce qui touche le paranormal. Bonne lecture.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page